Qui consomme ? Portraits et évolutions par tranche d’âge
Plusieurs tendances distinctes émergent selon les générations :
Les jeunes et l’alcool : le binge drinking gagne du terrain
Les adolescents et jeunes adultes (15-24 ans) consomment globalement moins régulièrement que les générations précédentes, mais les épisodes d’ivresse ponctuelle, souvent appelés « binge drinking », se multiplient lors de moments festifs. Ainsi :
- En 2021, 37 % des jeunes de 17 ans déclaraient au moins un épisode d’ivresse au cours de l’année (Enquête ESCAPAD, OFDT).
- La consommation régulière (au moins dix fois par mois) continue de décroître chez les lycéens : elle passe de 12 % en 2014 à 7 % en 2022.
Ce phénomène, source de risques immédiats (accidents, violences, prises de risques) et d’impacts à long terme, mobilise les acteurs de la prévention qui soulignent l’influence de la culture de groupe et de la banalisation sur les réseaux sociaux.
Adultes : des habitudes fortement liées au contexte social et professionnel
La tranche des 25 à 64 ans concentre la majorité de la consommation d’alcool en France, sous des formes variées : apéritif, repas, moments de convivialité professionnelle. Les différences restent marquées selon le milieu socio-professionnel : cadres et professions intellectuelles privilégient vins fins et spiritueux, tandis que les ouvriers présentent un risque accru de consommation excessive, notamment de bières et alcools forts, souvent liés au stress professionnel ou à la précarité.
La pandémie de Covid-19 a amplifié certains usages chez les adultes : l’isolement ou le télétravail ont pu conduire à des consommations plus solitaires ou ritualisées, en dehors des contextes festifs habituels (source : ONERBA, 2022).
Seniors : un enjeu émergent et sous-estimé
Après 65 ans, la baisse de la consommation régulière ne doit pas masquer certains risques. Beaucoup de personnes âgées continuent une consommation ancienne, parfois quotidienne, sans toujours percevoir l’évolution des risques (interactions médicamenteuses, fragilité physique). L’alcoolisme caché chez les seniors est ainsi une problématique peu visible mais en augmentation, selon les médecins gériatres interrogés (source : Fédération Française d’Addictologie).