Quels troubles psychologiques augmentent particulièrement le risque d’addiction ?
Dépression et troubles de l’humeur
La dépression multiplie par 3 le risque de développer une addiction à l’alcool, selon la Fédération Française d’Addictologie (2021). Plus de 40 % des personnes suivies en addictologie présentent un épisode dépressif avéré. Chez elles, la consommation peut d’abord apporter un soulagement temporaire mais contribue rapidement au maintien et à l’aggravation de la souffrance.
Anxiété et troubles anxieux généralisés
Crises d’angoisse, anxiété sociale, phobies… Toutes ces formes exposent́ à un risque élevé : jusqu’à 50 % des personnes souffrant de troubles anxieux recourent, à un moment, à une substance psychoactive pour « gérer » leur anxiété (source : ANAES, 2020).
Cas souvent cité par les professionnels : les alcoolisations rapides (« binge drinking ») chez les étudiants anxieux lors des soirées étudiantes, pour surpasser leurs inhibitions — mais qui accroissent la dépendance et les risques sanitaires.
Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)
Le TDAH concerne 2,5 à 5 % des adultes en France (source : Inserm). Les études mettent en lumière un risque d’addiction multiplié par 2 à 3 dès l’adolescence, notamment envers le tabac, l’alcool et le cannabis. Les difficultés à gérer l’impulsivité, la frustration et l’instabilité émotionnelle favorisent la recherche de sensations fortes ou d’apaisement par les substances.
Schizophrénie, troubles bipolaires et troubles de la personnalité
Chez les personnes atteintes de schizophrénie, plus de la moitié présenteront, au cours de leur vie, une addiction (alcool ou substances). Même tendance chez celles souffrant de troubles bipolaires : 60 % déclarent une consommation problématique au moins une fois (source : HAS 2019).
Les troubles de la personnalité (en particulier état-limite) sont associés à des consommations précoces et massives, souvent dans une dynamique d’auto-destruction ou de difficultés relationnelles.